Histoire de Loss, partie 1

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Chronologie résumée des grands événements historiques, tels que les connaissent les lossyans. Ce qui inclue donc aussi que ce sont les versions légendaires, et réécrites par les survivants, et les vainqueurs en général. Plus on va vers le passé, moins les lossyans en savent sur la réalité et les détails de leur histoire commune. Pas d’archéologues chez les lossyans ; enfin, plus exactement les premiers historiens à chercher la vérité débutent à peine. Les seules sources d’information sont les chroniques disponibles, et les récits transmis oralement depuis ces époques. Comme l’Eglise du Concile a fait détruire de grandes quantités d’anciennes archives historiques, beaucoup d’élément restent inconnus, ou sont erronés.

La grande question est donc : est-ce que des lossyans connaissent la véritable histoire de leur monde ? Oui, sans doute quelques-uns. Peuvent-ils la dévoiler ? Non, la plupart des gens ne les croiraient pas, et la refuseraient avec véhémence, jusqu’à la violence. Est-ce si différent de leur histoire connue ? Carrément, et dévoiler et prouver publiquement la vraie version de l’histoire impliquerait une véritable révolution des concepts et des croyances des lossyans. Et ferait beaucoup de morts et de catastrophes.

1- Avant l’Hiver (-1000, – 100 AC)

Les lossyans sont venus des étoiles. Tous le savent, y compris ceux qui en doutaient, et il ne reste personne, même parmi les peuples les plus tribaux et isolés, à penser autrement. Le fait que régulièrement, des terriens se retrouvent perdus sur Loss y est quand même pour beaucoup. Cependant, la manière de raconter comment les lossyans sont arrivés, et pourquoi, diffère largement selon les peuples, et les croyances. Et même l’Eglise du Concile ne dit rien à ce sujet ; révélant simplement, que comme pour toutes les religions, et les dieux de Loss, cette décision fut accepté et admise avec bienveillance par le Concile au Dessus de Tous, à l’époque silencieux et surveillant discret et attentif, qui laissa les dieux de chaque peuple emmener sur Loss leurs ouailles.

Les légendent diffèrent donc : pour certains, c’est un cadeau, par exemple pour les Dragensmanns des Neiges-Dragon. Pour d’autre, c’est un exode résultant d’une guerre entre les dieux et les titans, théorie suivie par les Etéocliens. Et la liste serait longue des variantes, qui sera développée un peu plus tard.

On peut imaginer que l’installation des premiers humains sur Loss ne fut pas simple, pas plus que leur survie ; mais cependant un fait marquant est que toutes les populations humaines furent implantées autour des Mers de la Séparation, avec un accès à l’océan. Ce fut une époque difficile, sombre, et peu connue, qui a tissé nombre de légendes locales.

Plusieurs grands états et empires furent finalement fondés, tandis que les hommes exploraient et apprenaient à s’adapter à un univers terriblement dangereux, et hostile, mais tout autant riche, et foisonnant de ressources. Parmi les premières grandes cités de l’époque, se distinguent vite Parcia, Antiva, et Noïqomos. Il ne reste aujourd’hui rien de ces villes, de leur civilisation, et de leur histoire.

C’est durant cette période que furent domestiqués les premiers animaux de Loss, et principalement le symbiote, cette créature que nombre de lossyans portent sur eux. C’est aussi vers la fin de ces premiers âges que fut découvert le loss-métal. Mais bien avant de comprendre son usage et ses propriétés, c’est pour son interaction avec les Chanteurs de Loss, qu’il fut recherché. En un temps relativement bref, les détenteurs de cette faculté à pouvoir entrer en résonance avec le loss, et accomplir des merveilles, devinrent une arme, et un nouveau pouvoir politique, une force mystique, quasi-divine.

Ce fut l’ère des magiciens et des dieux.

2- Les Guerres Divines (-100, 0 AC)

Les Chanteurs de Loss peuvent manipuler la gravité et l’électromagnétisme. Et pas que. On fait vite des choses étonnantes avec ce pouvoir-là. Il leur suffit d’avoir du loss à proximité, et de Chanter. Nous reviendrons largement en détail sur le Chant de Loss ailleurs.

Ca ressemble à de la magie ? C’est exactement ce que se sont dit les premiers peuples de Loss, voyant ces individus capable de prouesses jusque là n’existant que dans les mythes et légendes, où on parle de dieux et de créatures magiques. Les meilleurs Chanteurs de Loss sont les personnes rousses, et les femmes. Les plus grandes Chanteuses de Loss, celles chez qui ce pouvoir a le plus de susceptibilité d’apparaitre, et de manière puissante, sont les femmes rousses. Et par essence, le Chant de Loss est un pouvoir de dévastation, il faut apprendre à en user subtilement, pour ne pas faire des ravages avec.

En une dizaine de décennies, ce pouvoir, transmis, enseigné, affiné, devint une source de merveilles et de magie prodigieuse. On considérait, à raison, les Chanteurs de Loss comme des quasis divinités, et dans certains coins on les vénérait, mais surtout, le pouvoir lui-même était associé à un don divin. Ils étaient les enfants, les messagers, les détenteurs de l’image divine, venus sur Loss pour protéger/dominer/guider les hommes. Du plus petit village tribal, aux plus grandes cités, leur rôle social devint prédominant. Bientôt, ce sont les Chanteurs de Loss, aussi rare fussent-ils même à l’époque, qui régnèrent sur les peuples de Loss.

Mais le Chant de Loss est destructeur. On pouvait faire la guerre, avec. Son aspect dévastateur a bien quelques aspects utiles, car même les plus gros fauves de Loss ne font pas le poids face à lui ; mais sa rareté et ses ravages n’étaient pas vraiment quelque chose qu’on peut classer en pouvoir bénéfique et avantage réel.

Deux cités au centre de deux grands états, qu’on pourrait situer actuellement entre Les Plaines d’Etéocle, et le sud de l’Hégémonie, se firent une guerre à outrance, dominée par leurs Chanteurs de Loss. Antiva, au nord, abritait le Cercle des Mages, se prétendant descendants d’Apollon, le plus grand et influent rassemblement de Chanteurs de Loss. Au sud, se trouvait Parcia, à la tête d’une coalition d’états, dont la championne, et chef militaire des armées coalisée, Orchys Athysmante de Parcia, était considérée et prétendue incarnation d’Athena.

On raconte que la guerre dura trente ans, et le siège d’Antiva par Orchys, dix. On raconte que le conflit entre les deux cités entraina toutes les villes et tous les peuples des Mers de la Séparation dans la guerre. Que les morts étaient si nombreux que le bois manquait pour les brûler ; que les champs de batailles s’étendaient en déserts noircis à l’horizon ; que même les plus terribles fauves de Loss fuyaient au plus profond des forêts face à tant de ravages.

On raconte qu’au bout de trente ans, les hommes venaient à manquer pour faire la guerre, que l’épuisement gagnait toutes les cités dévastées par le conflit, et qu’Antiva et ses alliés ne cédaient pas. Orchys Athysmante de Parcia allait perdre. Alors elle trahit les dieux eux-mêmes, et Athéna dont on disait qu’elle était l’avatar. Elle offrit son âme aux Enfers, et apprit en échange le Chant des Abimes.

Et ainsi, elle révéla la vraie nature du Chant de Loss. Celle d’un pouvoir qui n’est pas divin, mais démoniaque.

Antiva subit le Chant des Abimes de plein fouet. Et disparut dans un souffle apocalyptique. Un cratère immense engloutit la cité, ses murailles, ses faubourgs, ses champs, ses plaines, ses villages, son lac, mais aussi Orchys et ses armées, dans un cataclysme qui ravagea tout sur trois jours de marche d’étendue. L’explosion, dit-on, sera visible depuis pratiquement toutes les berges des Mers de la Séparation.

Le choc fit si immense qu’il mit presque tous les humains de Loss en état de sidération. Et puis, ce fut le chaos. Un tel signe de dévastation cataclysmique provoqua la plus incontrôlable terreur. On sacrifia esclaves, hommes, femmes en masse aux dieux, des communautés entières implosèrent, s’isolèrent ou se suicidèrent, des cités furent abandonnées du jour au lendemain.

Mais surtout, la nouvelle se répandit des survivants que cette abomination était l’acte d’un Chanteur de Loss. Orchys était une légende, le choc fut d’autant plus horrible. Dans un monde qui avait subit trente ans de guerre, et un cataclysme titanesque, la colère des lossyans se retourna contre tous les Chanteurs de Loss. Certains dévoilèrent leur nature démoniaque et plusieurs fois, le Chant des Abime provoqua d’autres ravages, bien que sans commune mesure avec l’étendue jamais vue depuis du pouvoir d’Orchys. Rapidement, les lossyans considérèrent les Chanteurs comme des démons. Ils les traquèrent, les détruisirent, eux, leurs alliés, leurs proches, leur famille, et finalement toute personne qui était suspectée être Chanteur. Loss sombra à nouveau dans la guerre. On nomme cette période la Grande Purge, (et aussi parfois la Grande Tristesse) et ce nom fait toujours frémir les lossyans quand ils passent leur soirée autour du feu à leurs contes et leurs mythes.

Et le printemps ne revint pas. Il ne reviendra pas pendant six ans.

3- Le Long-Hiver (0, 6 AC)

Si les lossyans eussent un doute que les dieux eux-mêmes avaient été trahis, et que leur colère s’abattait sur le monde, ils n’en eurent plus du tout quand, après une année, il n’y avait toujours pas de printemps. Des savants prétendent -pas trop fort- qu’il s’agirait des poussières et des fumées des incendies consécutifs à l’explosion du Chant des Abimes et de la Grande Purge -un peu comme un hiver de retombées volcaniques- mais personne n’y croit guère, et il ne fait pas trop bon insister à ce sujet.

Il y eu bien des printemps, passé la seconde année de Long-Hiver. Mais c’était des printemps froids, moches et pluvieux… en été. L’hiver durait des mois, cinq ou six. Le ciel ne se découvrait presque jamais.

Il est évident que ce fut un sale temps pour les lossyans. Et pour Loss en général. Le biotope de la planète n’apprécia pas trop, mais s’en remit plutôt bien dans son ensemble. S’il y eu quelques espèces très spécialisées à payer le prix fort, les lossyans ne faisaient pas encore d’écologie et de zoologie pour le savoir. Par contre, pour les humains, ce fut un tout autre désastre.

A la seconde année, les famines commencèrent, avec les épidémies. La guerre n’avait pas cessé, ni ses ravages, elle avait juste changé de raisons politiques et idéologiques pour se battre. S’y rajoutait maintenant une raison encore plus impérieuse : la survie.

Les Chanteurs qui avaient échappé à la Grande Purge n’échappèrent pas à la disette et aux maladies, comme tout le monde. Et les lossyans eurent beau supplier leurs dieux -enfin, ceux qu’ils n’avaient pas rejetés- le printemps ne revint pas avant six ans, annihilant des cités et des peuples entiers jetés sur les pistes d’un monde hostile où les prédateurs aussi souffraient et avaient faim. Ce fut une ère sombre, qui mis fin à tout règne de la magie, et des Chanteurs. Ils furent maudits, haïs, et les rares survivants ne vécurent pas longtemps dans un univers qui les avait bannis.

C’est dans ce monde aux repères perdus, un an avant la fin de l’hiver, qu’apparurent les premiers prophètes du Concile au Dessus de Tous.

4- Le Concile (7, 100 AC)

Anqimenès n’était guère plus qu’un bourg qui avait subi comme tout le monde les ravages des trente dernières années, et ne s’en remettait pas très bien, sur tous les plans. Vanaher Estoqo fut le premier prophète porteur des lois et du dogme du Concile. Il eu une fin assez tragique à base d’éviscération publique quatre ans plus tard, mais avait réussi à convertir un petit groupe de fidèles. C’est d’eux que vinrent le changement.

Orton Hanns -que l’Eglise du Concile nomme actuellement Ortonus– prit la tête de la congrégation, et revint à Anqimenès aves ses fidèles, tous, c’est à dire une bonne centaine, dont un certain nombre en armes, pour imposer la parole du Concile. Malgré ses prêches, ses prédications, et ses menaces, le résultat aurait été un peu similaire au destin du premier prophète, s’il ne s’était pas passé quelque chose. Le premier homme qui posa la main sur Ortonus la perdit dans une gerbe de sang, avant de se faire découper en morceaux par … rien. Il eu fut de même dans la furie enragée que provoqua ce spectacle, les habitants d’Anqimenès persuadés d’avoir affaire à un Chanteur de Loss. Pour faire simple, toute personne menaçant directement Ortonus ou ses fidèles finissait massacré par une lame invisible. Que le prophète soit présent, ou pas.

Il ne fallut pas longtemps pour réaliser que, d’une, on ne pouvait pas s’en prendre au prophète et aux siens, et que de deux, cela n’avait rien à voir avec le pouvoir du Chant de Loss. Ortonus déclarait être missionné, et protégé, comme son prédécesseur, par Le Concile des Êtres au dessus de Toutes choses, hommes, Esprits et Dieux. Et que sa mission était de dévoiler au monde que les dieux et les esprits, jusqu’ici laissé libres de guider leurs fidèles, avaient faillis en laissant les démoniaques Chanteur de Loss asservir l’homme, plutôt que le servir.

Ainsi donc, l’Eglise du Concile déclara que les Dogmes étaient au dessus de toutes les lois et de toutes les traditions, que tous, hommes, esprits et dieux devaient s’y soumettre, et que ces codes devraient à jamais régenter la civilisation des Lossyans.

Ce ne fut pas simple. Le Concile remettait en question la foi des lossyans, leurs traditions, leurs croyances, leur manière de penser, et personne n’aime beaucoup ça, même après tant de ravages -ou justement à cause de tant de ravages, on y tient encore plus. De plus, le Dogme du Concile ne prêchait ni amour, ni paix, ni autres philosophies positives et « modernes »: Ses codes et ses règles, dont nous parlerons plus tard en détail, s’apparenteraient plutôt au légisme. Ce qui peut se résumer par : « l’ordre par la force et l’autorité ».

Mais autant que la terrible crainte que pouvait nourrir le mystérieux pouvoir protégeant les prophètes du Concile, il y avait l’état de délabrement des peuples de Loss, et l’organisation remarquable de l’Eglise du Concile. Une stabilité rassurante et efficace, le bon outil, au bon endroit –Anqimenès en avait vraiment besoin- et au bon moment ; tel que le prétendaient les prophètes du Concile, bien sûr.

Bon an, mal an, en même temps que se rebâtissaient les villes, les ports, et les temples, le Concile étendit son influence, son organisation, son autorité, et finalement un certain modèle de civilisation moderne et efficace. Cela ne se fit pas sans guerres, pas sans massacres non plus, mais toujours, les prophètes du Concile et leurs proches directs étaient protégés par leurs gardiens invisibles et mortels. Tout ce que l’on sait de cette force terrible, c’est que rien ne peut l’arrêter, qu’elle est aussi employée par les prophètes pour mettre à mort les condamnés dans les exécutions publiques, que ce sont des créatures du Concile, et on les nomme parfois les Thanataires.

L’histoire de Loss, partie 2

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7 pensées sur “Histoire de Loss, partie 1

    • 11/08/2014 à 9:38
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      Merci, encore! T’es un peu le seul qui commente sur le blog, mais cela me fait très plaisir^^

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  • 11/08/2014 à 7:34
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    J’arrive, j’arrive. Mais pour dire une connerie, bien entendu.

    Parce que j’ai lu la notion de loss-métal et je me suis demandé si ça ressemblait plutôt à du prog minimaliste ou à du black tribal.

    (Si vous me cherchez, je suis déjà dehors, loin… très loin…)

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    • 11/08/2014 à 8:15
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      Court ! Court très vite !
      PS : Alysia l’avait déjà faite avant, sur ce coup 😀

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  • 11/08/2014 à 10:54
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    Je penserai plus à du Electro metal avec un soupçon de black symphonyque à l’intérieur.

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    • 12/08/2014 à 1:03
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      J’écoute des trucs comme ça, moi ?

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  • Ping : La Vertu Perdue : L’Air

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